A ou B ?
Rembourser mon crédit par anticipation ou placer la même somme ?
Rembourser par anticipation, c'est obtenir un gain certain égal au taux de votre crédit. Placer, c'est viser un rendement qui, lui, n'est pas garanti. La comparaison ci-dessous chiffre les deux, à échéance identique.
Un héritage, une prime, une épargne qui a mûri : une somme devient disponible alors qu'un crédit court encore. Faut-il la mettre sur le prêt, ou la placer ?
Rembourser par anticipation produit un gain parfaitement connu d'avance : les intérêts que vous n'aurez plus à payer, calculés au taux de votre crédit. Placer vise un rendement potentiellement supérieur, mais qui n'est pas garanti. Comparer les deux revient donc à comparer un gain certain et un gain espéré — le tableau ci-dessous chiffre les deux, mais ne peut pas chiffrer cette différence de nature.
Simulateur remboursement ou épargne
Ce montant figure sur votre dernier relevé de prêt ou dans votre espace en ligne.
Net d'impôts et de prélèvements sociaux.
Son montant figure dans votre offre de prêt. Laissez 0 si aucune n'est due.
Scénario A : Rembourser par anticipation
à mensualité inchangée
Patrimoine à l'échéance initiale
24 700 €
- Mensualité actuelle
- 857,86 €
- Crédit soldé au bout de
- 12 ans et 8 mois
- Temps gagné
- 2 ans et 4 mois
- Intérêts économisés
- 9 020 €
- Indemnité déduite
- 0 €
Scénario B : Placer la somme
et laisser le crédit courir
Patrimoine à l'échéance initiale
21 724 €
- Mensualité actuelle
- 857,86 €
- Crédit soldé au bout de
- 15 ans
- Temps gagné
- aucun
- Intérêts payés
- 34 415 €
- Somme placée
- 15 000 €
Différence estimée entre les deux scénarios
+2 976 €
Avec ces hypothèses, rembourser par anticipation laisse environ 2 976 € de plus à l'échéance initiale du crédit.
Les deux scénarios sont comparés à la même date. L'écart n'est pas symétrique pour autant : l'économie d'intérêts est certaine, le rendement du placement ne l'est pas.
- En remboursant par anticipation25 395 €
- Sans rien changer34 415 €
Les résultats sont fournis à titre indicatif à partir des informations et hypothèses saisies. Ils ne constituent ni une offre bancaire, ni un conseil financier, fiscal ou patrimonial personnalisé.
Transparence
Comment ce résultat est-il calculé ?
Les étapes du calcul
La mensualité actuelle est reconstituée à partir du capital restant dû, du taux et de la durée restante que vous saisissez.
Le remboursement anticipé est modélisé à mensualité inchangée : le capital diminue de la somme versée, et la durée du prêt raccourcit d'autant. Le nouveau nombre d'échéances est obtenu par la formule inverse de l'annuité constante.
Une fois le crédit soldé par anticipation, la mensualité libérée est placée jusqu'à l'échéance initiale. Sans cette étape, la comparaison serait faussée en faveur de l'épargne, puisqu'un scénario continuerait à payer quand l'autre non.
Le scénario « placer » capitalise la somme disponible sur toute la durée restante, au rendement que vous indiquez.
L'indemnité de remboursement anticipé que vous saisissez est déduite du résultat du premier scénario. Elle n'est jamais estimée à votre place : son montant dépend de votre contrat.
Les conventions employées — taux mensuel, moment des versements, arrondis — sont détaillées sur la page méthodologie.
Ce qui est pris en compte
- Les intérêts économisés par le remboursement anticipé
- Le temps gagné sur la durée du prêt
- La capitalisation de la mensualité libérée
- L'indemnité de remboursement anticipé, si vous la renseignez
Ce qui ne l'est pas
- La fiscalité de l'épargne : le rendement est à saisir net
- L'assurance emprunteur, qui continue de courir dans le scénario « placer »
- Les frais éventuels de modification du contrat de prêt
- L'option consistant à réduire la mensualité plutôt que la durée
Un exemple concret
Un crédit immobilier avec 120 000 € de capital restant dû à 3,5 %, sur 15 années restantes. Une somme de 15 000 € devient disponible, sans indemnité de remboursement anticipé.
En la versant sur le prêt, celui-ci serait soldé au bout de 12 ans et 8 mois au lieu de quinze ans, soit 2 ans et 4 mois gagnés, et environ 9 020 € d'intérêts économisés. La mensualité ensuite libérée et placée représenterait 24 700 € à l'échéance initiale.
En plaçant plutôt ces 15 000 € à 2,5 % net, on obtiendrait 21 724 € à la même date. L'écart est de 2 976 €. Il tient entièrement à ce que le taux du crédit dépasse le rendement retenu.
Les limites de cette simulation
- L'économie d'intérêts est certaine ; le rendement du placement ne l'est pas. Deux résultats proches ne se valent donc pas.
- L'indemnité de remboursement anticipé doit être relevée dans votre offre de prêt : son plafond est encadré, mais son montant dépend du contrat.
- L'assurance emprunteur continue de courir dans le scénario « placer » ; elle n'est pas modélisée, ce qui désavantage légèrement ce scénario dans la réalité.
- Le remboursement est supposé réduire la durée. Réduire la mensualité en gardant la durée produit une économie nettement plus faible.
- La fiscalité de l'épargne n'est pas modélisée : d'où la consigne de saisir un rendement déjà net.
- Se séparer de toute sa trésorerie pour solder un prêt expose au risque de devoir réemprunter, souvent à un taux moins favorable.
À retenir
- Rembourser par anticipation revient à obtenir un rendement certain égal au taux de votre crédit.
- Placer n'a d'intérêt que si le rendement net attendu dépasse durablement ce taux — et il n'est jamais garanti.
- Vérifiez l'indemnité de remboursement anticipé dans votre offre de prêt avant toute décision.
- Réduire la durée économise beaucoup plus d'intérêts que réduire la mensualité.
- Conservez une réserve de précaution : solder un prêt en vidant son épargne est rarement une bonne opération.